Marion Franzini est une jeune artiste, dont la peinture participe de la jeune scène contemporaine.
Elle pose la question de la peinture, de l’image. Sa peinture est  aussi mentale que sensorielle.

Il est dans ses oeuvres une couleur d’une intensité et d’une fraîcheur qui avive la toile.
Toile, dont la présence est une donnée fondamentale du travail autant que la peinture.  
Parfois cette toile reste nue par endroits, elle ouvre un vide, afin qu’elle soit discontinue.

Ce heurt de vide qui articule aussi les diptyques, est comme un intervalle,  un comma, il est ce qui est
entre et porte sur le sens : lieu de territoires étrangers, de la séparation entre des mondes différents,
des temps différents, et de leurs mise en relation.
Comme cette forme étrange, incertaine -sorte de petit corps en suspens, de signifiant instable, mon
monstre 1. Invisible, peut-être, et  qui se glisse d’une oeuvre à l’autre, la fait et la défait, la stratifie, la

décentre et laisse sa trace.
Un monde se dessine, fragile, où s’écarte toute idée d’unité, de commencement et de fin, sans âge,
sans lieu, sans titre, sans nom.  Où maintenant ? Quand maintenant ? Qui maintenant ? 2
Un voyage du regard où celui-ci s’abstrait.
Ne s’agit-il pas plutôt de l’endroit où l’on finit de se dissiper ? 2

1  Selon Marion Franzini
2  Samuel Beckett, L’innommable, Paris, Les éditions de Minuit, 1953.


Pascale Guillon